« La Cousine » et « Une allée du Luxembourg » (Gérard de Nerval) :

11 août, 2011

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 LA COUSINE

L’hiver a ses plaisirs ; et souvent, le dimanche,

Quand un peu de soleil jaunit la terre blanche,

Avec une cousine on sort se promener…

- Et ne vous faites pas attendre pour dîner,

.

Dit la mère. Et quand on a bien, aux Tuileries,

Vu sous les arbres noirs les toilettes fleuries,

La jeune fille a froid… et vous fait observer

Que le brouillard du soir commence à se lever.

.

Et l’on revient, parlant du beau jour qu’on regrette,

Qui s’est passé si vite… et de flamme discrète :

Et l’on sent en rentrant, avec grand appétit,

Du bas de l’escalier, – le dindon qui rôtit.

UNE ALLEE DU LUXEMBOURG 

Elle a passé, la jeune fille

Vive et preste comme un oiseau :

A la main une fleur qui brille,

A la bouche un refrain nouveau.

.

C’est peut-être la seule au monde

Dont le coeur au mien répondrait,

Qui venant dans ma nuit profonde

D’un seul regard l’éclaircirait !

.

Mais non, – ma jeunesse est finie…

Adieu, doux rayon qui m’as lui, -

Parfum, jeune fille, harmonie…

Le bonheur passait, – il a fui !

{Gérard de Nerval ~ La Cousine (Petits châteaux de Bohème) • Une allée du Luxembourg (Poésies Diverses)}

 

Parler (Olivier Larronde) :

11 août, 2011

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Ton silence est un verre en cristal : je le brise.

L’aspic aime le verre et la faim fait la fin,

Sa feuille d’éventail disculpe la cerise,

Mais non les yeux des fleurs qui rêvent leur parfum.

 

Dans les fleurs de tes yeux, nul archer ne s’y loge.

Tu secoues sur ton coeur le safran de ta tête.

Déroulant leurs tissus ainsi que des éloges

Les marchands de la Crète ont un soleil pour crête.

{Olivier Larronde  [1927~1965] ~ Les barricades mystérieuses ©  OEuvres poétiques complètes, Gallimard/Le Promeneur, 2002}

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« Il me semble difficile d’imaginer un meilleur exemple de ce dramatique porte-à-faux, de cette grâce qui expose celui qui la possède à la pire des solitudes » (Jean Cocteau à propos d’Olivier Larronde)

Œuvres d’Olivier Larronde =

L’Arbre à lettres, L’Arbalète, Décines, 1966.

• Rien voilà l’ordre, L’Arbalète, Décines, 1984.

• Les Barricades mystérieuses, L’Arbalète, Décines, 1990.

• L’ivraie en ordre : poèmes et textes retrouvés, Le Promeneur, Paris, 2002.

• Œuvres poétiques complètes, Le Promeneur, Paris, 2002.

 

Les Poètes Maudits (Paul Verlaine) :

11 août, 2011

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